Les 2 Jours de Montcuq et l'endurance en Europe :

40 d'histoire

Les Deux Jours de Montcuq est l'une des courses d'endurance les plus connues dans le monde, avec la Tevis Cup en Californie et la Tom Quilty Gold Cup en Australie.

Si elle est devenue au fil des ans une grande classique et le rendez-vous incontournable de l'élite mondiale, c'est qu'elle a su maintenir le cap depuis 1977 : mêmes dates (le week-end le plus proche de la Toussaint), même parcours, à quelques changements près, et surtout même esprit : compétition et performance du cheval alliées à la découverte de grands espaces naturels.

L'histoire de cette course est intimement liée à celle, plus générale, de l'endurance à cheval en Europe.

Dans les années 70, Pierre Passemard découvre cette discipline en Espagne. Seules l'Angleterre et la péninsule ibérique ont en effet maintenu une tradition de raids équestres. Toutefois, le Golden Horseshoes Ride, Jerez, Badajoz ou encore Barcelone ne sont que des courses isolées et sans véritables contrôles, alors que les Etats-Unis et l'Australie connaissent à la même époque une organisation des épreuves proche de celle d'aujourd'hui.

Sous son impulsion, l'endurance à cheval en France et en Europe va s'organiser à partir de 1976.

Cette année-là, les prémices d'une course ont lieu à Florac, grâce à Michel Bordes et Yves Richardié, et en décembre, Pierre Passemard fonde, avec Denis Letartre et quelques passionnés venus de la randonnée, l'Association Française des Courses Equestres d'Endurance qui deviendra par la suite le C.N.R.E.E. (Comité National des Raids Equestres d'Endurance) dont il sera président jusqu'en 1984.

Sous l'égide de cette organisation, se déroule en 1977 la première épreuve d'endurance en France : les 100 km de Rodez.

L'année 1977 voit également Florac devenir une course à part entière et les 29 et 30 octobre, Pierre Passemard crée les Deux Jours de Montcuq.

Cette première édition des 2 Jours de Montcuq est un succès, attirant cavaliers français mais aussi américains, portugais, espagnols, hollandais, suisses et andorrans, forte participation étrangère qui se confirmera d'année en année.

Pierre Passemard déclare à l'époque : "Parcourir une distance maximum dans un temps minimum, c'est redonner au cheval sa véritable vocation, son utilité pour des grands parcours en tout terrain et des déplacements rapides, relancer le goût du sport équestre en montrant que par une préparation et un entraînement adéquats, une façon de monter intelligente, on peut amener un cheval à des performances spectaculaires sans altérer sa santé ni son énergie. C'est pourquoi les contrôles vétérinaires sont très importants. Cela permet aussi aux éleveurs de savoir de quoi sont capables leurs produits et de sélectionner des chevaux rustiques et résistants pour les mettre ensuite à la disposition des amateurs de grandes promenades dans la nature".

En 1979, il fonde avec Michel Troisfontaine (Belgique) et des représentants de l'Allemagne, l'Espagne, le Portugal et la Grande-Bretagne, la première organisation internationale, l'E.L.D.R.I.C, dont il sera également président : l'endurance moderne en Europe est née.

De nos jours, Les Deux Jours de Montcuq perpétue et défend la tradition de l'Endurance, celle des courses difficiles et tactiques pour lesquelles to finish is to win.

Seul pur CEI*** en France, le concours est maintenant présidé par Jean-Marc Lamolle, qui a succédé à son ami Pierre Passemard en 2016. Sous son influence, l'épreuve s'est modernisée mais a su conserver cette âme et ce caractère si particuliers qui en font une course mythique que chaque cavalier de haut niveau rêve d'accrocher à son palmarès.